La paroisse de Dol
Nous
sommes: en l’an 540 de l’ère chrétienne, notre destinée, de tous temps
inscrite aux livres éternels, nous a fait aborder dans un pays sauvage et
désolé, couvert de bois à perte de vue.
Je suis
Samson. votre humble serviteur. des envahisseurs barbares et païens nous ont
chassés, mes frères et moi, du Comté d’York où Dieu nous avait assigné la
tâche d’évangéliser nos compatriotes sa main a guidé la barque qui nous
portait et nous avons abordé dans ce lieu où une nouvelle tache nous attend.
Nous sommes
les fils d’Ildut, notre vénéré père, pour la vie duquel nous éprouvons les
plus grandes craintes car il est resté parmi les barbares. Mes frères m'ont
conféré la direction de notre petit groupe.
Le temps
passa, quelques autres frères, venus eux aussi de Grande Bretagne se
joignirent à nous il se forma ainsi une communauté que Samson dirigeait.
Au XIe
siècle, peut-être avant, fut créée une seconde paroisse dont l'église fut
bâtie dans un faubourg de Dol, le faubourg Notre-Dame, alors bourg
Notre-Dame ou bourg Sainte-Marie.
Elle fut
fondée par le Chapitre de Dol, elle était située en dehors des
fortifications qui furent plusieurs fois rasées par les Normands du IXe au
XIe siècle, par Henri II, Roi d'Angleterre. Celles dont nous pouvons admirer
les vestiges furent édifiées par l'Evêque Charles d'Epinay et le Duc de
Meroœur en 1590-1591 (Robidou) : au commencement du XVe siècle, la ville
était sans murailles (Robidou).
Donc, en
dehors des fortifications premières, fut bâtie une église et créée une
paroisse par tes soins du Chapitre de la Cathédrale, mais il n'en resta pas
complètement le maître, car lorsque les moines de St-FIorent-de-Saumur
eurent fondé à Dol leur prieuré de l'Abbaye, ils obtinrent, on ne sait
comment ni pourquoi, la jouissance d'une partie de cette église.
Ainsi, en
1129, l'Archevêque Baudry déclare que les Bénédictins de St-Florent
possèdent la moitié de l'église Notre-Dame de Dol, dont l'autre moitié
appartient au Chapitre.
Alors
existait cette anomalie : l'église Notre-Dame était desservie par deux
recteurs, l'un présenté par les Chanoines du Chapitre, l'autre par l'Abbaye
de St-Florent.
En 1234,
c'est un certain Jean Quarré qui est recteur de Notre-Dame pour la portion
dépendant du Chapitre ; à la même date, l'autre portion n'était point
administrée parce que le titulaire dépendant de St-Florent voyageait depuis
plus de trois ans au pays d'Outre-Mer.
Jean Gicquel,
Evêque de Rennes, apprenant cela, écrivit à Geoffroy, Abbé de St-Florent,
lui représentant que l'évêque de Dol était en droit de se plaindre d'un tel
état de choses et lui présentant son official Jean Quarré déjà recteur d'une
portion de Notre-Dame, pour représenter le recteur vagabond.
L'Abbé de
St-Florent approuva l'Evêque de Rennes et présenta Jean Quarré à Clément,
Evêque de Dol, qui décida de réunir sous l'autorité d'une même main les deux
moitiés de la Cure de Notre-Dame, ne réunissant pas pour cela les deux
portions en une seule, mais décidant que Jean Quarré serait Recteur en même
temps des deux bénéfices restant distincts l'un de l'autre.
En 1400, il y
avait encore deux recteurs à Notre-Dame ; toutefois cette double institution
dut prendre fin dans le courant du XVe siècle ou au début du XVIe siècle.
En 1239, les
revenus des deux portions étaient insuffisants pour entretenir deux recteurs
et. les moines de St-Florent, comme le Chapitre de Dol, perdaient chaque
jour de leur autorité ; aussi l'Evêque de Dol trouva-t-il plus facile de
réunir en une seule Cure les deux portions de Notre-Dame.
Cette
situation dura jusqu'à la veille de la Révolution. Nous avons vu qu'en 1772
l'Evêque de Dol avait agrandi le territoire de la paroisse Notre-Dame de
celui de la paroisse du Crucifix.
Les registres
d'Etat Civil concernant Notre-Dame, conservés à la Mairie de Dol, remontent
à l'année 1545, et nous y voyons que le premier nom porté sur le « Papier
Baptistère de Notre-Dame » est celui d'un certain Julien Le Moison, baptisé
par Collichet, prêtre, le 11 Février 1545.
L'anomalie
créée par la dualité des recteurs pourrait, dit le Pouillé de Rennes,
s'expliquer par une donation que fit Ginguené, Archevêque de Dol, à son
frère Rivallon, Seigneur de Combourg, aux environs de 1010 à 1030, de
quelques mesures qu'il possédait dans le faubourg Ste-Marie, et qui
prouverait que dès le XIe siècle l'église Notre-Dame existait, donc la
paroisse. Il semble découler de ce fait que les Seigneurs de Combourg,
grands bienfaiteurs de St-Florent, donnèrent à cette abbaye la moitié de
l'église Notre-Dame. Aucun argument ne permet de récuser cette opinion.
Si l'origine
des deux paroisses précédentes se perd dans la nuit des temps, l'érection de
celle de l'abbaye nous est en revanche bien connue, quoique fort ancienne.
C'est vers
1079 qu'Even, archevêque de Dol, érigea en paroisse le territoire de Merwoît,
situé près de sa ville épiscopale et où les Bénédictins de Saint-Florent
venaient de fonder leur Prieuré de l'abbaye sous Dol. Comme ce territoire
dépendait originairement de la paroisse de Carfantin, il fut stipulé que les
habitants de la nouvelle paroisse paieraient chaque année au Recteur de
cette Paroisse 18 deniers le .jour de l'Assomption afin de reconnaître la
prééminence de Carfantin en sa qualité d'Eglise-Mère.
Les Moines de
Saint-Florent présentèrent naturellement le Recteur de l'Abbaye jusqu'à
l'extinction de leur prieuré en 1697. A cette époque. Monseigneur Chamillard
fit de ce vieux monastère son Grand Séminaire, qu'il confia aux Eudistes, en
même temps il chargea ceux-ci de la direction de cette paroisse, et il unit
la cure de ce nom à la charge du Supérieur du Séminaire ; cette union dura
jusqu'en 1790. Cette paroisse était, comme la précédente, sous le vocable de
Notre-Dame. Il se peut qu'à l'origine il y ait eu d'eux églises à l'Abbaye,
l'une prieurale, l'autre paroissiale, mais depuis bien des siècles il n'y
subsistait qu'une seule église à la fois paroissiale et conventuelle.
La Révolution
détruisant l'Evêché de Dol. fit aussi disparaître les anciennes paroisses de
cette ville.
En 1803, une
nouvelle paroisse fut établie, comprenant tout le territoire dolois ;
d'abord érigée en cure de première classe, elle est devenue de nos jours
chef-lieu du Doyenné de Dol et son titulaire porte le titre d'Archiprêtre.
Si la
paroisse du Crucifix a été supprimée par l'Evêque de Hercé en tant que
paroisse de la Cathédrale, il n'en est pas de même de l'église et paroisse
de Notre-Dame.
Ruinée par
les révolutionnaires, elle fut convertie en halles en 1818, puis entièrement
rasée en 1880, et remplacée par un vaste marché couvert, dont l'utilisation
est devenue toute autre que les édifices qu'elle a remplacés.
Aux registres
d’Etat Civil conservés aux archives de la mairie de Dol, on trouve trois
registres concernant l’Abbaye, englobant les années 1594 à 1791 le premier
Baptême inscrit sur le registre de 1594 est celui de Jeannie Dugué, baptisée
le 8 Octobre 1594, par Dinezoy. prêtre.
Nous pouvons
également citer les registres de Carfantin dates, 1592. où la premier
Baptême déchiffrable est celui de Jean Leblanc baptisé le 12 Octobre 1597
par le recteur Héroudan.
Enfin la
Chapelle de Notre-Dame des Carmes appartenait aux Carmes et celle de St
François d’Assise appartenait aux Franciscains.
Monsieur E... , 1952.

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