Le clergé séculier dans le diocèse de Dol
Il est très
difficile de dresser des statistiques ou des listes exactes du clergé. Si
l'on connaît assez bien les effectifs des dignitaires de la cathédrale et
les recteurs de paroisses, moins bien les vicaires et curés, nous tombons
dans le néant complet avec les innombrables chapelains, desservants,
obitiers, les jeunes clercs en quête d'office ainsi que les prêtres habitués
ou errants.
Le Chapitre
Essentiellement
un corps d'ecclésiastiques séculiers, chargés de chanter ou de réciter
chaque jour l'office divin. Il devait aussi veiller à la conservation et à
l'entretien de son église.
Il formait un corps hiérarchisé et comprenait un
haut-chœur
et un
bas-chœur. Dans le
haut-chœur, on distinguait les dignitaires et les chanoines; dans le
bas-chœur, des prêtres, des clercs et des laïcs, musiciens et choristes.
Haut-choeur
Les dignitaires
étaient dans une cathédrale les premiers après l'évêque :
-
Le premier le
Chantre, ou
Grand-Chantre de DOL;
il était le premier
dignitaire après l'évêque. Le chantre a droit de porter un
bâton cantoral.
On appelle Chantrerie son office.
-
Le deuxième
l'Archidiacre;
il devait "faire une fois l'an les revues et visitations en toutes les
paroisses de l'évêché de Dol dont parties d'icelles s'étendent jusqu'en
Basse Bretagne et la Normandie". L'Archidiaconé était le
territoire soumis à sa juridiction.
-
Le troisième le
Scholastique;
il devait "instituer maîtres et régents, tant en ladite ville de Dol que
dans toutes les paroisses dudit évêché, pour instruire les enfants
étudiants". Il était chargé de la surveillance des écoles du diocèse.
-
Le quatrième le
Trésorier;
cette dignité fut longtemps associée au rectorat de Pleudihen. Ce
dignitaire était chargé à l'origine de la conservation du matériel
sacré de l'église. On nomme Trésorerie la dignité et la maison de
cet ecclésiastique.
Les dignitaires étaient dotés de bénéfices, dotés de
revenus propres, ils pouvaient être de surcroît dotés de prébendes et par
conséquent chanoines. A Dol, les dignitaires étaient tous "ipso facto"
chanoines.
Les chanoines,
ils secondent l'évêque dans l'exercice de ses fonctions. Une grande majorité
d'entre eux se recrute dans la noblesse, souvent des cadets de familles.
Les évêques
de Dol étaient aussi chanoines.
A Dol
le chapitre se composait de 15
chanoines
plus l'évêque.
Bas-chœur
Le clergé du
bas-choeur
de la cathédrale de Dol comprenait : quatre vicaires, un diacre, un
sous-diacre.
Il pouvait y avoir des
semi-prébendés, il y avait des
vicaires d'office
du Chapitre, ils constituaient la partie supérieure du bas-chœur. Venaient
après eux :
diacre d'office
et
sous-diacre d'office,
assistants du célébrant à la messe capitulaire;
sacriste,
chargé de veiller sur les ornements et les vases sacrés, il avait soin de la
sacristie on l'appelait jadis segretain;
sous-chantre,
qui formait à la psallette et dirigeait au lutrin les enfants de chœur;
maître de
cérémonie;
choristes qui étaient des
chantres d'église ou prêtres de choeur.
Quand ils étaient prêtres, ces officiers étaient
généralement pourvus de quelque chapellenie dans la cathédrale, qui comptait
aussi des chapelains sans office particulier.
Outre les enfants de chœur, plusieurs laïcs, adultes,
faisaient également partie du bas-chœur: le maître de musique, l'organiste,
le serpent, le violon et autres musiciens, sans oublier dans les
cathédrales, les massiers.
Les
emplois les plus en vue
n'étaient pas des bénéfices, mais de
simples commissions.
Vicaires Généraux,
ecclésiastiques qui assistent l'évêque dans l'administration de son diocèse.
La singulière formation de l'évêché de Dol forçat les prélats dolois à se
faire représenter par plusieurs vicaires généraux dans les parties du
diocèse trop éloignées de la ville épiscopale. L'évêque de Dol avait donc
toujours quatre vicaires généraux pour le moins; deux résidants à Dol même,
un siégeant en Normandie, et un quatrième, ou parfois même deux ou trois
autres, s'occupant des paroisses situées en Basse Bretagne, dans les
diocèses de Saint-Brieuc, Tréguier et Saint-Pol de Léon.
Promoteurs,
Vice- promoteurs,
quand ils n'étaient pas chanoines d'une cathédrale ou d'une collégiale, ils
étaient recteurs dans la ville épiscopale ou non loin de celle-ci.
Remplissaient les fonctions de partie publique dans une juridiction
ecclésiastique.
Droit can.
: Le promoteur dans les
officialités, était chargé de requérir l'application des
lois disciplinaires et pénales contre les délinquants. Il était, en même
temps, juge d'instruction. L'évêque le nommait et le révoquait à son grès.
La Révolution supprima, en France, avec les tribunaux ecclésiastiques,
l'office de promoteur. Cependant, les évêques, obligés de continuer à
exercer sur leurs prêtres leur juridiction contentieuse, rétablirent le
titre et les fonctions de promoteur. L'ecclésiastique qui en est revêtu
n'a aucun caractère légal ; il ne peut qu'éclairer la conscience de
l'évêque en lui signalant les clercs coupables de quelque délit contre les
canons, principalement en matière de mœurs.
source : LAROUSSE ILLUSTRÉ .
Officiaux,
Vice-officiaux,
habituellement choisis parmi les vicaires généraux, étaient dignitaires ou
chanoines des Chapitres, s'ils n'étaient Abbés ou Prieurs commendataires.
Faisaient fonction de juge dans l'officialité. Les officialités
connaissaient de toutes les fautes relatives à la foi, à la morale, au culte
et à la discipline, ainsi que des délits et des abus de pouvoir commis en
matière religieuse.
La géographie du diocèse obligeait l'évêque de Dol à
nommer plusieurs officiaux; Il n'y avait pas moins de cinq officialités:
La grande officialité de Dol, jugeant en rappel les
autres officialités, et s'occupant de la partie non enclavée du diocèse et
des enclaves de Saint-Malo; l'officialité de Lanmeur, l'officialité de
Lannion, l'officialité de Lanvollon, et l'officialité de Saint-Samson.
Le clergé paroissial
Recteurs et Vicaires
Généralement, trois prêtres s'occupent de la
paroisse: un recteur, un curé et un vicaire; les vicaires dans
les paroisses sont appelés curés. Le recteur était
le chef spirituel de la paroisse. Si les recteurs manifestent une
certaine stabilité, il n'en est pas de même pour les
curés et vicaires. Les vicaires, souvent appelés
prêtres, sont plus difficiles à connaître; ils se
succèdent assez rapidement et ne sont souvent pas de la
paroisse. Il est rare dans leurs cas qu'ils remplissent les registres
paroissiaux. Le recteur les choisit l'évêque les approuve,
souvent l'approbation se faisait sans laisser de trace sur les
registres officiels de l'évêché.
Prêtres habitués, Chapelains
Les
prêtres les moins en vue étaient les prêtres
habitués. De jeunes prêtres menaient ce genre de vie en
attendant un vicariat. Ils jouaient le rôle d'auxiliaires des
recteurs sans vicaires ou de vicaires des vicaires. Des prêtres
plus âgés, après avoir longuement vicarié
où s'être déchargés de leur cure,
retrouvaient ainsi leur première occupation. Entre les
habitués et les vicaires se trouvaient une foule de chapelains,
dont certains seulement étaient bénéficiers. Les
bénéficiers étaient les titulaires d'une chapelle
ou d'une chapellenie. Les chapellenies étant des fondations de
messes faites dans une église ou chapelle et
érigées par l'évêque en
bénéfice. Ces chapellenies tombaient souvent entre les
mains des chanoines qui arrondissaient ainsi leurs revenus.
A Dol, les chapelains étaient astreints à l'office de choeur et
relevaient par leur présence la fréquence et la beauté des cérémonies.
La majorité des fondations sont dues a des familles
aristocratiques, mais un certain nombre sont rémunérées par les confréries.
Elles étaient pour la plupart établies dans les églises paroissiales,
certaines étaient établies dans un château ou un village centre d'une
seigneurie. Les chapelains avaient pour mission de célébrer des messes pour
l'âme des fondateurs et des membres de leur famille.
Graduations
Entre 1690 et 1790, le tour des titulaires de grades,
originaires du diocèse de Dol, est vite fait; il semblerait qu'il n'y ait eu
que deux docteurs en théologie, Gilles Deric, l'historien, qui fut vicaire
général et Gilles Marie de Miniac, recteur de Saint-Carné de 1778 à 1803.
Mais, sur quelques 450 "étrangers", qui prêtèrent leur
concours au diocèse de Dol, on rencontre une bonne dizaine de vicaires
généraux et de chanoines, qui étaient docteurs en théologie, comme quatre
recteurs, venus des diocèses de Rouen, de Saint-Malo, de Saint-Brieuc et de
Tréguier.
Ordinations
Prêtres
originaires du diocèse :
Durant le XVIIIème siècle les ordinations furent peu
nombreuses. On constate une phase de stabilité, de 1710 à 1759, et une phase
de déclin, de 1760 à 1789.
Durant la phase de stabilité, tous
les dix ans, on compte 70 à 75 nouveaux prêtres. La phase de déclin comporte
deux paliers d'inégale importance : d'abord, pendant vingt ans, à peu près
65 ordinations tous les dix ans; ensuite, de 1780 à 1789, 53 ordinations.
Prêtres ordonnés entre 1710 et 1790 : 565. Lors de la
première ordination faite par Mgr de Hercé, 193 clercs, des Dolois, des
Rennais, des Malouins et des Capucins y participèrent dans la ville de Dol.
En 1790, pour la dernière ordination, il ordonne, en décembre, des prêtres
de Rennes et de Saint-Malo, et deux prêtres de son diocèse. Le 19 mars 1791,
il n'accueille que quatre ordinands et leur confère le sacerdoce.
Prêtres
étrangers au diocèse :
Le diocèse de Dol étant en déficit de prêtres
originaires, c'est celui où l'on trouve le plus d'étrangers. On y trouve
beaucoup de prêtres originaires de Normandie, diocèse de Coutances et
surtout du diocèse d'Avranches. Il reçoit aussi beaucoup de bretons puisque
ce diocèse, avec ses enclaves, va s'étaler dans la Basse-Bretagne.
Il y a beaucoup d'étrangers parmi les chapelains des
cathédrales, les petits officiers des paroisses urbaines ( prêtres de chœur,
chantres, sacristes) et les vicaires à la campagne. Simples habitués
secondant les vicaires, ils n'ont parfois laissé derrière eux qu'un nom,
sans que nous sachions quel était leur diocèse d'origine.
Entre 1720 et 1750, le diocèse reçoit, chaque année, grâce à
ses ordinations sacerdotales, un apport de quelques 35 prêtres. Les 230
étrangers, présents entre 1720 et 1729, ne sont que 185, entre 1730 et 1739,
et 165 environs, entre 1740 et 1749. Le nombre des étrangers continue à
décroître jusqu'en 1780 : 125, entre 1750 et 1769; 105, entre 1770 et 1779.
Prêtres du diocèse de Dol, statistiques:
Prêtres
du diocèse de Dol de 1710 à 1790
|
Doyenné
|
Paroisse
|
Prêtres
|
%
|
|
Dol
|
47
|
335
|
59,50
|
|
Bobital
|
23
|
101
|
17,93
|
|
Coëtmieux
|
5
|
28
|
4,97
|
|
Lanmeur
|
4
|
33
|
5,86
|
|
Lannion
|
4
|
12
|
2,13
|
|
Lanvollon
|
6
|
43
|
7,63
|
|
Saint-Samson
|
4
|
2 ?
|
|
|
Doyenné inconnu
|
|
9
|
1,95
|
|
Total
|
93
|
563
|
|
Prêtres
étrangers dans le diocèse de Dol
(1710-1790)
|
Avranches : 64
|
Bayeux : 14
|
Coutances : 29
|
Léon : 13
|
|
Nantes: 13
|
Quimper : 11
|
Rennes : 23
|
Saint-Brieuc : 27
|
|
Saint-Malo : 148
|
Tréguier : 18
|
Vannes : 12
|
Divers : 48
|
|
Total : 430
|
|
|
|
|
dans ce divers, outre 8 de diocèses inconnus : 7 de
Lisieux, 7 du Mans, 5 de Paris, 1 d'Avignon, 2 de Belley, 2 de Bourges,
etc.
|
|
Entre 1710 et 1790, 64 étrangers firent partie du
chapitre cathédral de Dol.
|
|
Sur 530 recteurs, qui ont desservi 86 paroisses, 180
sont étrangers, soit un recteur sur trois.
|
Effectif diocésain au début de 1790
Diocèse
|
Originaires
|
Étrangers
|
Total
|
% d'étrangers
|
Dol
|
170
|
90
|
260
|
34,5 %
|
Recteurs
en 1790 :
Diocèse
|
Originaires
|
Étrangers
|
Total
|
% d'étrangers
|
Dol
|
62
|
25
|
87
|
29 %
|
Réalisé d'après Charles Berthelot du Chesnay, Les
prêtres séculiers en Haute - Bretagne au 18ème siècle.

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